Restauration de la sculpture "Diane Chasseresse" de Lucie Signoret-Ledieu

Avant la retouche e la patine
Avant la retouche e la patine
Après la retouche de la patine
Après la retouche de la patine

La sculpture "Diane chasseresse" est présentée au Salon de 1889 et récompensée sous le titre "Nymphe de Diane". Cette œuvre, qui connut un certain succès au Salon de 1889, a été reproduite en tirage limité. Il s’agit d’une sculpture décorative d’édition, genre qui se développe particulièrement au 19e siècle afin de décorer les intérieurs bourgeois.

Suite à sa récente acquisition par le musée, la sculpture a été restaurée en 2021 par Maëlle Caro, conservatrice-restauratrice de sculptures et objets d’art habilitée Musées de France.

Cette sculpture en bronze à double patine présentait avant restauration des dégradations qui ne permettaient plus d’appréhender l’état originel de l’œuvre. Ce bronze d’édition possédait auparavant un aspect brillant et uniforme que le temps a altéré. La sculpture était particulièrement empoussiérée, la patine était usée et la surface présentait quelques zones d’oxydation problématiques donnant à l’ensemble un aspect peu homogène.

Après un dépoussiérage minutieux réalisé à l'aide d’un pinceau doux en poils de chèvre, l’encrassement présent en surface a ensuite été retiré au bâtonnet-coton et avec un mélange eau déminéralisée/salive synthétique (photo 1).

Les zones oxydées ont été traitées avec un grattoir en fibre de verre afin d’éliminer les traces de corrosion verdâtres. Une fine couche de cire micro-cristalline a ensuite été appliquée afin d’isoler la surface du bronze.

Afin d’apporter à l’œuvre une meilleure lisibilité et une homogénéité les frottements, rayures et lacunes de la patine ont été retouchés avec des peintures acryliques Liquitex® Heavy Body.  Ces interventions sont réversibles à l’éthanol et au white-spirit. (photos 2-3)

 

Lucie Signoret-Ledieu (1853-1904)

Lucie Signoret-Ledieu fait partie de ces femmes artistes oubliées de l’Histoire de l’art.

Née Marie Lucie Ledieu dans un milieu ouvrier de Nevers devient l'élève du sculpteur Jean Gautherin (1840-1890). Installée à Paris, elle demeure au 72, rue du Faubourg-Saint-Jacques à Paris.

En 1876, elle épouse le sculpteur François Léon Signoret et appose par la suite son nom au sien, signant désormais ses oeuvres « Mme Signoret-Ledieu ». Elle débute au Salon en 1878 et expose des bustes, sculptures, principalement en bronze ou en plâtre.

Elle fait partie du Comité des dames de l'Union centrale des arts décoratifs. Elle participe à l’Exposition universelle de 1889 et de 1900. Pour la commémoration de la libération de Saint-Pierre-le-Moûtier par Jeanne d'Arc du 4 novembre 1429, la ville lui commande en 1902 une statue de sa libératrice.

Octave Mirbeau (1848-1917), journaliste et écrivain, critique d'art, écrit à propos d'elle : « Une grande artiste, trop peu connue, hélas et qui a tout simplement l'âme de Donatello » (Combats Esthétiques, 1893).

 

Musée des Beaux Arts de Mulhouse